Métro, tramway, bus : et si le temps de transport était aussi du temps de lecture ? Le dernier baromètre du Centre national du livre, réalisé en 2025, le confirme : parmi les Français qui lisent, 64 % déclarent lire… dans les transports !
Chez Mobiles, nous avions déjà beaucoup aimé La Collision, son premier livre paru l’an dernier chez Gallimard. Avec Vladimir m’a pris Vadim, le journaliste et écrivain lyonnais Paul Gasnier signe un nouveau récit intime et politique, qui nous entraîne des paysages de l’Ardèche jusqu’aux confins de la Russie. Une histoire de famille, de convictions et de liens qui se brisent, publiée en octobre aux éditions Lettre Zola.
Après avoir exploré, dans La Collision, les circonstances de la mort de sa mère, fauchée par un jeune motard dans les pentes de la Croix-Rousse en 2012, Paul Gasnier s’intéresse cette fois à une autre forme de déchirement. Moins brutale, mais tout aussi douloureuse : la perte progressive d’un être cher, non pas emporté par la mort, mais éloigné par ses convictions politiques.
De l’Ardèche à la Russie, une histoire de famille
Tout commence en Ardèche, décor des vacances familiales de l’auteur. Paul et son cousin Vadim y ont partagé les bonheurs de l’enfance : les cabanes, les jeux, les repas interminables et cette complicité que l’on croit indestructible. Mais Vadim est aussi russe par son père. Et tandis que Vladimir Poutine consolide son pouvoir, puis lance son invasion de l’Ukraine, le fossé se creuse entre les deux cousins.
Comment celui avec lequel on a grandi peut-il progressivement devenir un étranger ? Comment les convictions politiques peuvent-elles prendre le pas sur les souvenirs, l’affection et les liens familiaux ? Et comment une guerre menée à des milliers de kilomètres peut-elle finir par s’inviter jusque dans une maison de famille ardéchoise ?
Un récit intime qui raconte notre époque
C’est toute la force de ce court récit d’une soixantaine de pages : raconter la grande histoire à hauteur d’homme. Comme dans La Collision, Paul Gasnier part de son expérience personnelle pour interroger notre société. Avec la même volonté de comprendre ce qui conduit deux trajectoires, autrefois si proches, à devenir inconciliables.
On retrouve ce qui nous avait tant séduits dans son premier livre : une écriture sobre, une véritable sensibilité et cette capacité à faire surgir, derrière les événements politiques ou les affrontements idéologiques, des histoires profondément humaines.
Un petit livre par son format, un grand sujet de réflexion. Et une nouvelle confirmation du talent de ce Lyonnais qui n’a décidément pas fini de faire parler de lui !
